AMANDINE COUVIDOUX

Le guide

La peur de l'abandon en amour

Il dit qu'il passe la soirée avec ses amis. Tu réponds « pas de souci, amuse-toi bien ». Et pendant trois heures, ton ventre ne se dénoue pas. La peur d'être abandonnée ne fait pas de bruit, elle se glisse dans les petits moments. Voilà d'où elle vient, et ce qui peut l'apaiser vraiment.

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En bref

La peur de l'abandon en amour, c'est la sensation que l'autre peut partir à tout moment, et que ce serait insupportable. Elle vient souvent de loin, et elle se déclenche dans le corps avant que la tête ait réfléchi. C'est pour ça que la comprendre ne suffit pas : ce que j'observe, c'est qu'elle s'apaise quand ton corps se sent en sécurité, y compris quand l'autre s'éloigne un peu.

La peur d'être abandonnée, à quoi ça ressemble au quotidien

Ce n'est presque jamais une grande crise. C'est une suite de petits moments que personne ne remarque, sauf toi.

Il te dit qu'il a besoin d'une soirée tranquille, et tu passes la soirée à te demander ce que tu as fait. Il met une heure à répondre, et tu te prépares déjà à la rupture. Il te propose un week-end, et tu dis oui alors que tu étais fatiguée, parce qu'un non te semble trop risqué.

Voilà les formes que je retrouve le plus chez les femmes que j'accompagne :

  • t'accrocher : relancer, demander des preuves, avoir besoin d'être rassurée,
  • t'effacer : te taire, t'adapter, ne plus rien demander pour ne pas déranger,
  • partir la première : te fermer d'un coup, couper avant qu'on te quitte,
  • tout donner : en faire toujours plus, comme si l'amour devait se mériter.

Ces réactions ont l'air opposées. Elles ont la même racine : ton corps vit l'éloignement de l'autre comme un danger.

D'où vient la peur de l'abandon

Souvent, elle s'est installée bien avant ta première histoire d'amour. Pas forcément à cause d'un drame. Parfois, c'est un amour qu'il fallait gagner en étant sage, en étant utile, en ne faisant pas de vagues. Parfois, un parent présent mais ailleurs dans sa tête. Parfois, une place qu'on n'avait pas vraiment.

Ton corps a tiré une conclusion de tout ça : quand quelqu'un qui compte s'éloigne, c'est dangereux. Il ne l'a pas formulée avec des mots. Il l'a gardée dans le ventre, dans la gorge, dans la poitrine. Et chaque fois qu'un homme compte pour toi, il ressort ce vieux réflexe.

Ce n'est plus dans ta tête. C'est dans ton corps.

Pourquoi tu t'accroches même quand ça ne va pas

C'est souvent ce qui fait le plus mal : savoir qu'une relation ne te fait pas de bien, et ne pas réussir à partir. Ou te retrouver en couple très vite, sans vraiment connaître la personne, parce que l'idée d'être seule te serre la gorge.

Pour ton corps, être seule ressemble au danger qu'il craint depuis toujours. Alors une relation bancale lui paraît plus sûre que le vide. Et un homme qui souffle le chaud et le froid lui est familier, donc rassurant à sa façon.

J'ai vécu ça pendant des années. J'ai tout accepté en amour. Je faisais taire mes besoins pour ne pas froisser, et j'attendais qu'on me choisisse. J'ai traversé des choses que je ne raconterai pas ici. Ce que je peux te dire, c'est que j'avais tout compris, et que mon corps, lui, n'avait pas bougé.

Comment surmonter la peur de l'abandon

On t'a sûrement dit de travailler ta confiance en toi, de t'aimer d'abord, de ne pas dépendre de lui. Ce sont de belles phrases. Mais au moment où il ne répond pas, elles ne pèsent rien face à ton ventre noué.

Une alarme ne s'éteint pas en lui expliquant les choses. Elle s'éteint quand le corps vit, encore et encore, qu'il est en sécurité. C'est ce que je fais avec les femmes que j'accompagne, et ça se passe souvent dans cet ordre :

  1. Ton corps sort de l'alerte

    On repère où la peur se loge chez toi, dans la poitrine, dans le ventre, dans la gorge, et on vient relâcher cette tension. Tu respires mieux, tes pensées tournent moins.

  2. Le vieux réflexe se défait

    On va chercher ce que ton corps rejoue quand l'autre s'éloigne, pour qu'il arrête de le rejouer. L'éloignement redevient un éloignement, pas une catastrophe.

  3. Tu restes avec toi

    Tu peux dire ce dont tu as besoin, ou demander du temps pour toi, sans avoir peur qu'il parte. Tes limites se posent naturellement.

Ça ne se fait pas à la force de la volonté. Et ça ne dépend pas de lui. Si tu veux comprendre comment je travaille, j'explique tout dans la page sur la régulation somatique.

Ce que tu peux faire quand la peur monte

Le soir où ça déborde, n'essaie pas de te convaincre que tout va bien. Parle à ton corps. Pose une main sur ton ventre et une sur ta poitrine, ou prends-toi dans les bras avec un appui ferme, comme si tu disais à ton corps : c'est bon, le danger est passé. Puis expire plus longtemps que tu n'inspires, plusieurs fois.

Ça ne fait pas disparaître la peur de fond. Mais tu passes la soirée avec toi, au lieu de la passer dans ton téléphone. Si tu te reconnais aussi dans le besoin constant d'être rassurée, lis la page sur l'attachement anxieux.

Avant« Je me mettais en couple sans même vraiment connaître la personne. »

Aujourd'hui« Hier je lui ai dit : laisse-moi tranquille, j'ai besoin d'un temps pour moi. Il l'a compris. J'ai jamais vécu ça avant. Là, je me sens libre. »

Phrases tirées de son entretien vidéo, avec son accord. Résultat individuel, non garanti.

Par où commencer

La peur de l'abandon ne se montre pas de la même façon chez toutes les femmes. Certaines s'accrochent, d'autres s'effacent, d'autres partent avant qu'on les quitte. Savoir laquelle est la tienne, c'est déjà savoir par où commencer.

J'ai fait un test pour ça : en quelques minutes, tu sais pourquoi tu retombes toujours dans les mêmes histoires, et par où commencer. Tu peux aussi lire ce qui se passe quand l'angoisse monte dès qu'il ne répond pas, ou quand tu t'oublies pour être aimée.

Ce contenu ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un psychologue. Si tu vis des violences dans ton couple, le 3919 est gratuit et anonyme.

Tes questions

Les questions qu'on me pose le plus

Comment savoir si j'ai peur de l'abandon ?

Regarde ce qui se passe dans ton corps quand l'autre s'éloigne un peu : un message en retard, un week-end sans toi, un ton plus froid. Si ton ventre se serre, si tu as besoin d'être rassurée, si tu t'adaptes pour ne pas le perdre, ou si tu pars avant qu'il te quitte, c'est souvent cette peur qui parle. Ce n'est pas une étiquette, c'est une réaction.

D'où vient la peur de l'abandon ?

Le plus souvent, de loin. Pas forcément d'un grand drame. Parfois d'un amour qu'il fallait mériter, d'une place qu'on n'avait pas vraiment, d'un parent présent mais occupé ailleurs. Ton corps en a gardé une conclusion simple : quand l'autre s'éloigne, c'est dangereux. Et il rejoue cette conclusion dans tes histoires d'amour.

Comment surmonter la peur de l'abandon ?

Comprendre d'où elle vient aide, mais ça ne suffit pas, parce que l'alarme se déclenche dans ton corps avant que ta tête intervienne. Ce que j'observe, c'est que la peur baisse quand ton corps vit la sécurité, encore et encore, dans ta vraie vie. C'est pour ça que j'accompagne sur 3 mois, et pas en une séance.

Pourquoi j'ai peur d'être abandonnée alors qu'il est présent ?

Parce que ton corps ne réagit pas à l'homme en face, il réagit à ce qu'il a connu avant. Même avec quelqu'un de fiable, un petit silence peut rallumer l'alarme. Ce n'est pas lui le problème, et ce n'est pas toi non plus. C'est une vieille réaction de protection qui n'a pas encore vu que la situation a changé.

Est-ce que la peur de l'abandon peut disparaître ?

Je ne te promettrai pas de délai, ni qu'elle disparaîtra pour toujours. Ce que je vois chez les femmes que j'accompagne, c'est qu'elle prend beaucoup moins de place : elle peut encore passer, mais elle ne décide plus à leur place. Et ça ne dépend pas de l'homme qui est en face.